Exemples

Entre deux arrêts

À la suite d’une consultation faite dans les villes canadiennes portant sur le sentiment de sécurité personnelle dont les résultats publiés étaient présentés de façon neutre (moyenne des deux sexes),[1] la municipalité fait une demande de données ventilées selon les sexes à la firme de sondage qui fournit ces informations. On constate alors que « quatre fois plus de femmes que d’hommes ont peur de sortir seules le soir dans leur quartier (60% des femmes et 15% des hommes). Le sondage indique aussi que les transports en commun et les stationnements sont les endroits où les femmes ressentent le plus d’insécurité, surtout en soirée ».[2]

 

La municipalité s’associa alors aux groupes de femmes et aux partenaires du milieu, dont la Société de transport, pour analyser les causes et les conséquences de ces écarts et envisager des solutions. On s’aperçoit notamment, grâce à une analyse différenciée selon les sexes, que les hommes et les femmes n’ont pas peur de la même chose. « Les hommes disent craindre, par exemple, le vol de leur portefeuille tandis que les femmes ont surtout peur des agressions physiques et sexuelles. Ces deux types de peur ont des impacts très différents sur l’évaluation du risque à prendre, particulièrement dans les déplacements en soirée. »[3]

Afin d’adapter le transport en commun aux besoins des femmes et des filles en vue d’augmenter leur mobilité, et ce, particulièrement le soir, une consultation est entreprise et les partenaires en viennent à la conclusion qu’il importe d’implanter un service « Entre deux arrêts ». « Ce service permet aux femmes et aux filles de descendre à l’endroit de leur choix pendant le trajet de l’autobus afin qu’elles se rapprochent le plus possible de leur destination. »[4] À la suite d’un projet pilote de six mois, la Société de transport a procédé à une étude de satisfaction qui s’est avérée très positive. C’est ainsi que le service «Entre deux arrêts» a été implanté de façon permanente.

À partir de cette expérience, la ville de Saguenay a décidé d’installer, à la suite de demandes des citoyennes, des lampadaires dans les sentiers piétonniers autour de l’Université du Québec à Chicoutimi.

D’autres exemples de réalisations d’analyse différenciée selon les sexes vous sont présentés dans la base de données que nous vous suggérons de consulter.

 


 

[1] Sondage Gallup, 1992

[2] Gouvernement du Québec, « L’analyse différenciée selon les sexes : Séance de sensibilisation à l’intention du personnel professionnel qui participe à l’élaboration, la mise en œuvre, au suivi et à l’élaboration des projets », Fiche 2 : L’application de l’ADS à la sécurité et à la mobilité. Source de la fiche : MICHAUD Anne, Application à l’échelle urbaine de la perspective de genre : la sécurité des femmes et le transport public à Montréal, CAFSU, Ville de Montréal, STCUM, Juin 2001.

[3] Ibid.

[4] Ibid.